2026 > C'est plus clair que de l'eau de roche! (finalistes)

Proposition finaliste pour l'œuvre d'art public du nouveau complexe municipal de Saint-Jacques-le-Mineur dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement du Québec.

23 septembre 2025: invitation
15 avril 2026: présentation de la maquette

Idéation et conception de l’œuvre : La Famille Plouffe
Maquette architecturale: Christian Miron à l'Atelier Clark
Finition du bâtiment et maquette de l'œuvre: La Famille Plouffe
Modélisation 3D: Ghislain Brodeur et La Famille Plouffe
Échantillon lenticulaire: Softmotion
Architecture: J. Dagenais architecte + associés inc.

Description tirée d'extraits du texte de présentation:

Prémisses de l’œuvre
Dans le cadre de cette proposition, nous avons effectué plusieurs visites à Saint-Jacques-le-Mineur, notamment pour des prospections photographiques. Ce territoire ne nous était pas entièrement étranger : nous avions déjà découvert la carrière en 2022. Nous avons également consulté la publication du 150e anniversaire (1984), riche en informations, ainsi que le site Web de la municipalité, qui rassemble de nombreux repères historiques significatifs. Voici d’ailleurs un extrait du livre : «Nous remercions nos parents de nous avoir légué une terre qui est à nos yeux d’une grande valeur et nous faisons notre possible pour la conserver et l’exploiter ; nous espérons que nos enfants continueront la relève agricole.» (Solange Demers-Denault & Jean-Marc Denault)

Ces recherches ont fait émerger un désir clair : établir un dialogue sensible avec la devise « notre histoire, nos racines ». Le caractère agricole du milieu, avec ses logiques propres, s’est imposé comme un élément structurant. À cela s’ajoute la présence marquante des saules pleureurs, envers lesquels nous entretenons un attachement particulier.

[voir la suite du texte sous les images]

Suite...

Description de l’œuvre
L’œuvre se déploie sous la forme d’une série de sept images photographiques, conçues comme un semainier visuel. Elles sont ponctuées de grandes ouvertures aux formes variées, inspirées d’éléments architecturaux, anciens comme contemporains.

À travers ces images, le paysage agricole est mis en valeur dans toute la complexité de ses interdépendances. Le saule pleureur y agit comme une présence récurrente, presque une couronne végétale. L’ensemble propose une multiplicité de points de vue sur un territoire à la fois construit, habité et apprivoisé. La lecture peut s’effectuer dans plusieurs sens, à l’image des significations qui se déploient selon les usages, les contextes et les expériences de chacun.

Si l’on amorce une lecture de gauche à droite, la première image de forme presque carrée, composée de triangles se faisant face, évoque le bois de grange vu de l’extérieur. À travers ses interstices, la lumière révèle des perches de cèdre, prêtes à être utilisées pour délimiter et orner un terrain. Les faisceaux lumineux parallèles dévoilent un espace habituellement inaccessible au regard. La forme en croisement, inspirée des renforts en X des portes agricoles, témoigne du passage d’une fonction structurelle vers une valeur esthétique, encore présente sur le territoire de la municipalité.

La seconde image en forme d’arche met en mouvement les longues branches dansantes dans le vent d’un saule pleureur. Grâce à un dispositif d’impression lenticulaire, l’image s’anime au déplacement du regard. Le saule, emblématique des milieux agricoles, borde les cours d’eau, qu’ils soient naturels ou aménagés et offre abri et repos. Les panneaux dans cette partie-ci du couloir prennent la forme de fenêtres ou de portails inspirés des anciennes églises du village : l’une disparue dans un incendie en 1937, l’autre remplacée par l’actuel complexe municipal.

La troisième image révèle un paysage surprenant : un lac turquoise niché au cœur d’une carrière aujourd’hui exploitée par un fabricant de béton. Le contraste entre la roche anthracite et la couleur éclatante de l’eau qui est issue de sources souterraines et des précipitations, évoque des paysages lointains. Ce phénomène se répète ailleurs sur le territoire, où plusieurs lacs similaires ont émergé à la suite des excavations, mais qui ont aujourd’hui perdu cette couleur distinctive. L’ouverture circulaire, de type rosace ou tondo, invite ici à la contemplation.

Après les portes de la bibliothèque, trois panneaux verticaux présentent le saule en saison hivernale, dans des teintes dorées dépourvues de feuillage, contrastant avec l’azur du ciel. L’image se déploie en continuité à travers des ouvertures reprenant des fenêtre de l’ancienne église.

Un autre tableau met en scène un paysage champêtre marqué par une bordure florale composée de verge d’or et de salicaire : l’une indigène, l’autre introduite au XIXe siècle. Ces plantes cohabitent dans les milieux humides, le long des fossés, des canaux d’irrigation ou des petits ruisseaux. À l’arrière-plan, les balles de foin ponctuent le territoire, témoignant des cycles agricoles et de l’élevage.

Dans l’arche suivante, un ruisseau aménagé reflète la lumière du soleil, tandis que les herbes en bordure ondulent doucement. Un effet lenticulaire donne littéralement du mouvement à l’image (effet d’animation). Ces cours d’eau jouent un rôle essentiel dans l’écosystème agricole, recueillant les eaux de ruissellement et structurant le territoire. Il est à noté, que des feuilles de saules seront ajoutées à la version finale.

Enfin, la dernière image évoque le dérochage printanier. Les pierres extraites des champs, longtemps perçues comme des contraintes, sont ici revalorisées : elles servent à la construction de façades ou de monuments, comme celui du 150e anniversaire de la municipalité. Les sillons visibles dans la terre annoncent les récoltes à venir. Ce paysage témoigne d’une cohabitation constante avec les éléments, où l’utile et le symbolique se rejoignent.

En complément, une série d’enregistrements sonores, réalisés sur le territoire, viendra enrichir l’expérience. Accessible par code QR sur la plaque d’identification, ce paysage sonore prolongera la découverte du lieu.