2021 > Mettre la nappe (annulé)

Proposition pour un concours d'art public dans un panneau lumineux à la Maison du citoyen à Saint-Thérèse. Le conseil de ville a choisi d'annuler le concours après que les présentations des artistes aient été réalisées.

Description tirée d'extraits du texte de présentation:

Pour ce projet, nous nous sommes inspirés de la petite histoire du bâtiment avec une tournure décidément liée au cœur même de notre entité artistique : une cellule familiale.

Nous nous sommes donc mis à l’ouvrage grâce à la Société d’histoire et de généalogie des Mille-Îles avec l’une de ses expositions virtuelles. C’est de cette façon que nous avons découvert qu’une certaine Delphine Pelletier y a tenu un magasin où étaient vendues entre autres des friandises jusque dans les années 30 : Chez la Mère Pelletier. Il y a aussi eu une épicerie, celle de Fernand Lessard, de 1946 à 1970. Nous avons également eu la chance de parler avec quelques dames du Cercle de fermières Ste-Thérèse qui devait célébrer son 100e anniversaire l’an dernier. Leur local fait partie de la Maison du Citoyen, on y trouve entre autres leurs machines à tisser. Nous avons rencontré Mme Carmen Bélanger qui en fait partie depuis 38 ans et qui enseigne le tissage depuis plus de 25 ans. Ce qui nous enchante le plus dans ce processus de transmission, c’est la richesse des rencontres, des partages et la transformation des sujets engagés. Voilà la matière première qui siège au cœur de nos œuvres.

[voir la suite du texte sous les images]

Mettre la nappe
photographie
2021
Mettre la nappe
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2021
Mettre la nappe
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2021

Suite...

Les mains en action apparaissant des quatre côtés semblent s’engager dans un rituel ou une joute inventés, qui décèle malgré tout quelque chose de familier. C’est une performance pour la caméra avec une intention voilée : la gestuelle et les couleurs révèlent tout de même quelque chose de bienveillant. Le lien intergénérationnel se dessine pour sa part à travers les objets. La nappe tissée en arrière-plan (demi-damassé de Mme Bélanger) et les paparmanes parsemées ne sont pas sans renvoyer à l’idée de la table d’une gentille grand-maman. Malgré que le tissage soit en arrière-plan, il garde une présence forte par ses quadrillés légèrement courbés qui s’intègrent et détonnent tout à la fois avec le revêtement briqueté du bâtiment. Il y a aussi quelque chose qui est formellement semblable à un pique-nique, bien que le repas en serait un bien maigre… Les mains ne sont pas mises en scène par hasard, elles sont la partie du corps principalement utilisée pour une majorité d’activités pratiquées dans la bâtisse. Malgré les sources historiques spécifiques de notre proposition, les références restent subtiles. De cette façon, l’œuvre ne raconte pas une histoire, mais des histoires, c’est-à-dire que c’est par une extrapolation fabuleuse de ces différentes inspirations que chaque regardeur pourra se créer ses propres trames narratives.