2020 > sans titre [Place du Centenaire] (finalistes)

Proposition finaliste pour l'œuvre d'art public du parc du Centenaire à Parc-Extension du Bureau d'art public de Montréal.

« Un jour, alors que le Lion dormait, la Souris, sans faire attention, marcha sur l’une de ses pattes étendues. Aussitôt, le Lion s’éveilla et immobilisa la Souris sous sa patte. « Que vais-je faire de toi ? », demanda-t-il à la Souris. « Si tu me laisses partir, répondit la Souris, un jour, je te le revaudrai. » L’idée que la Souris puisse lui rendre service paraissait tellement étonnante au Lion qu’il la laissa s’en aller. Quelques jours plus tard, des chasseurs capturèrent le Lion. Ils l’attachèrent avec une corde afin de pouvoir le transporter le lendemain. Cette nuit-là, la Souris, qui repassait par là, vit dans quelle malheureuse situation se trouvait le Lion. La Souris, sans y être invitée, lui rendit service comme elle l’avait promis. Elle rongea la corde de ses petites dents pointues et libéra le Lion. Parfois, les plus petites créatures peuvent être d’un très grand secours. » (fable d’Ésope adapté par John Cech)

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Les couleurs des barreaux du dôme s’harmonisent aux panneaux d’acrylique qui sont accrochés sur les trois grilles tout près. C’est un dégradé d’un marine allant au bleu ciel qu’on peut bien apercevoir de loin. Une couleur complémentaire fait ressortir une zone du dôme qui laisse découvrir que des barreaux se seraient transformés comme par enchantement en corde pour permettre à notre petite souris de gruger et libérer son nouvel ami bien plus imposant. Une corde a déjà été sectionnée par le rongeur habile, ajoutant à l’effet de surprise. Le motif linéaire et sinueux au sol poursuit la lancée chromatique du contraste du dôme, des cordes et du lion. Le trajet du motif mène d’ailleurs vers les pas japonais et intègre gracieusement les courbes de l’aménagement paysager de la place elle-même. D’un autre point de vue, la géométrie contrastante du dôme renforce le dynamisme du lieu en reprenant entre autres la forme hexagonale des tables à pique niques adjacentes. La finesse des détails des deux animaux est un bon contrepoids à l’aspect vibrant et versicolore de l’ensemble de l’oeuvre. La crinière du lion et la queue de la souris font subtilement un rappel de l’industrie du textile qui a eu son importance dans le quartier. De nombreux magasins de textiles se trouvent aussi à proximité avec des nuances de couleurs plus variées les unes que les autres.